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Mutek Festival
Underground Resistance : le parcours des combattants
Les lettres «UR» sont devenues un symbole sur la scène électronique. (Photo MUTEK)
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Les lettres «UR» sont devenues un symbole sur la scène électronique.
Photo MUTEK
Philippe Renaud
La Presse
Collaboration spéciale
Cette fois sera la bonne. Après un rendez-vous manqué avec le public montréalais il y a deux ans, le collectif Interstellar Fugitives, piloté par l'élusif «Mad» Mike Banks, fondateur du mythique label techno Underground Resistance, sera bel et bien à la SAT mercredi lors de l'inauguration du neuvième festival MUTEK. Pour une rare occasion, Mike Banks a accepté de répondre à nos questions.
En novembre dernier, «Mad» Mike Banks accordait une entrevue au sérieux magazine britannique The Wire, acceptant, pour une rare fois, de faire découvrir les coulisses d'Underground Resistance, étiquette influente et férocement indépendante qu'il a fondée. L'article était en une; sur la photo, Banks avait le visage masqué d'un foulard noir qui ne laissait entrevoir que son regard frondeur.
Pour peu qu'on ne s'attarde qu'à cette image, on croirait y voir le chef d'une guérilla. Banks pourrait, en quelque sorte, être le sous-commandant Marcos du techno. Ce qui semble pourtant l'agacer.
«Si notre imagerie est forte? Ne serait-ce pas plutôt l'expression de notre crainte du conformisme? C'est étrange, nous avons créé des chansons comme Hi-Tech Jazz et toutes sortes de musiques électroniques, expérimentales autant qu'inspirées (et plus accessibles) et pourtant, la seule image que les gens semblent avoir de nous est celle d'une bande de «niggaz» qui veulent s'en prendre à vous sans raison valable», répond Banks.
Les musiciens d'Underground Resistance ne sont évidemment pas des truands, encore moins des terroristes. Des militants, ça par contre, ils le sont tout à fait. Leurs prises de position vont de l'appui à certaines causes humanitaires à la dénonciation des pratiques des multinationales du disque. Un 12'' paru en 1992 et intitulé Message to the Majors présente deux chansons portant le titre Fuck the Majors.
L'étiquette a son credo: «Un label pour un mouvement. Un mouvement qui veut le changement par la révolution sonore», peut-on lire sur le site web officiel du label. Les sympathisants sont ensuite invités à rejoindre la résistance et à «nous aider à combattre la médiocre programmation audio et visuelle dont on nous gave» et qui nous aliène.
Diversification
Le label de Detroit a passé les deux dernières décennies à offrir une musique sans compromis, souvent révolutionnaire, parfois immortelle. Les lettres «UR» sont devenues un symbole, et la maison de disques, un véritable phare pour la scène électronique.
Tout en chérissant la rythmique mécanique typique du son de la «motor city», les artistes du label ont embrassé plusieurs sous-genres électroniques au fil des ans: du jazz-funk-house Hi-Tech Jazz de Galaxy 2 Galaxy (poignant classique signé Mike Banks) à l'électro-techno rêche et expérimental du regretté Drexciya, en passant par l'incontournable Knights of the Jaguar de DJ Ronaldo (alias Aztec Mystic), composition techno mélodieuse que tous les DJ gardaient dans leurs valises il y a 10 ans.
«Notre seule ressource, c'est le stress constant dans lequel vivent les musiciens de Detroit, ainsi que la beauté des gens qui peuvent endurer ça tout en demeurant positifs. C'est sûrement le catalyseur de l'intensité de notre musique. Sans elle, nous n'aurions aucune pertinence, aucun point de vue sur le monde.»
Une vie improvisée
Fondé en 1989 par trois représentants de ce qu'on appelle la «deuxième génération» de producteurs techno de Detroit (Banks, Jeff Mills et Robert Hood), le label est dirigé depuis 1992 par Mike Banks, également fondateur du distributeur spécialisé Submerge. Presque deux décennies plus tard, le combat de ces idéalistes est loin d'être terminé.
«Étant Afro-Américain et vivant au coeur de Detroit, je n'ai jamais pu m'accorder le luxe d'avoir un plan. Ma vie ressemble pas mal aux séances de freestyle des rappeurs: j'improvise au fur et à mesure. Même après 20 ans d'activité, je n'ai pas de plan - les plans, c'est pour les riches. La seule chose qu'on peut se payer, c'est le rêve. Essayer de faire de ces rêves une réalité est notre seul objectif.»
Faisant fi des tendances, UR s'entête à continuer la révolution et à lancer des disques pertinents. Mercredi soir, cinq musiciens prendront d'assaut la scène sous la configuration Interstellar Fugitive. Banks, Atlantis, DJ Skurge, The Illustrator, M.I.A. (à ne pas confondre avec Miss Arulpragasam) et leurs instruments traverseront 20 ans d'histoire de la musique électronique.
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Le 9e festival MUTEK se déroule du 28 mai au 1er juin. Info: www.mutek.org.
Plus d'information pour Drum and Bass Streaming - Videos - Webradio
Les lettres «UR» sont devenues un symbole sur la scène électronique. (Photo MUTEK)
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Les lettres «UR» sont devenues un symbole sur la scène électronique.
Photo MUTEK
Philippe Renaud
La Presse
Collaboration spéciale
Cette fois sera la bonne. Après un rendez-vous manqué avec le public montréalais il y a deux ans, le collectif Interstellar Fugitives, piloté par l'élusif «Mad» Mike Banks, fondateur du mythique label techno Underground Resistance, sera bel et bien à la SAT mercredi lors de l'inauguration du neuvième festival MUTEK. Pour une rare occasion, Mike Banks a accepté de répondre à nos questions.
En novembre dernier, «Mad» Mike Banks accordait une entrevue au sérieux magazine britannique The Wire, acceptant, pour une rare fois, de faire découvrir les coulisses d'Underground Resistance, étiquette influente et férocement indépendante qu'il a fondée. L'article était en une; sur la photo, Banks avait le visage masqué d'un foulard noir qui ne laissait entrevoir que son regard frondeur.
Pour peu qu'on ne s'attarde qu'à cette image, on croirait y voir le chef d'une guérilla. Banks pourrait, en quelque sorte, être le sous-commandant Marcos du techno. Ce qui semble pourtant l'agacer.
«Si notre imagerie est forte? Ne serait-ce pas plutôt l'expression de notre crainte du conformisme? C'est étrange, nous avons créé des chansons comme Hi-Tech Jazz et toutes sortes de musiques électroniques, expérimentales autant qu'inspirées (et plus accessibles) et pourtant, la seule image que les gens semblent avoir de nous est celle d'une bande de «niggaz» qui veulent s'en prendre à vous sans raison valable», répond Banks.
Les musiciens d'Underground Resistance ne sont évidemment pas des truands, encore moins des terroristes. Des militants, ça par contre, ils le sont tout à fait. Leurs prises de position vont de l'appui à certaines causes humanitaires à la dénonciation des pratiques des multinationales du disque. Un 12'' paru en 1992 et intitulé Message to the Majors présente deux chansons portant le titre Fuck the Majors.
L'étiquette a son credo: «Un label pour un mouvement. Un mouvement qui veut le changement par la révolution sonore», peut-on lire sur le site web officiel du label. Les sympathisants sont ensuite invités à rejoindre la résistance et à «nous aider à combattre la médiocre programmation audio et visuelle dont on nous gave» et qui nous aliène.
Diversification
Le label de Detroit a passé les deux dernières décennies à offrir une musique sans compromis, souvent révolutionnaire, parfois immortelle. Les lettres «UR» sont devenues un symbole, et la maison de disques, un véritable phare pour la scène électronique.
Tout en chérissant la rythmique mécanique typique du son de la «motor city», les artistes du label ont embrassé plusieurs sous-genres électroniques au fil des ans: du jazz-funk-house Hi-Tech Jazz de Galaxy 2 Galaxy (poignant classique signé Mike Banks) à l'électro-techno rêche et expérimental du regretté Drexciya, en passant par l'incontournable Knights of the Jaguar de DJ Ronaldo (alias Aztec Mystic), composition techno mélodieuse que tous les DJ gardaient dans leurs valises il y a 10 ans.
«Notre seule ressource, c'est le stress constant dans lequel vivent les musiciens de Detroit, ainsi que la beauté des gens qui peuvent endurer ça tout en demeurant positifs. C'est sûrement le catalyseur de l'intensité de notre musique. Sans elle, nous n'aurions aucune pertinence, aucun point de vue sur le monde.»
Une vie improvisée
Fondé en 1989 par trois représentants de ce qu'on appelle la «deuxième génération» de producteurs techno de Detroit (Banks, Jeff Mills et Robert Hood), le label est dirigé depuis 1992 par Mike Banks, également fondateur du distributeur spécialisé Submerge. Presque deux décennies plus tard, le combat de ces idéalistes est loin d'être terminé.
«Étant Afro-Américain et vivant au coeur de Detroit, je n'ai jamais pu m'accorder le luxe d'avoir un plan. Ma vie ressemble pas mal aux séances de freestyle des rappeurs: j'improvise au fur et à mesure. Même après 20 ans d'activité, je n'ai pas de plan - les plans, c'est pour les riches. La seule chose qu'on peut se payer, c'est le rêve. Essayer de faire de ces rêves une réalité est notre seul objectif.»
Faisant fi des tendances, UR s'entête à continuer la révolution et à lancer des disques pertinents. Mercredi soir, cinq musiciens prendront d'assaut la scène sous la configuration Interstellar Fugitive. Banks, Atlantis, DJ Skurge, The Illustrator, M.I.A. (à ne pas confondre avec Miss Arulpragasam) et leurs instruments traverseront 20 ans d'histoire de la musique électronique.
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Le 9e festival MUTEK se déroule du 28 mai au 1er juin. Info: www.mutek.org.
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